Lorsque Dieu sublime nos fêlures

Posted: mars 31, 2021 by C.W

Connaissez-vous l'art du Kintsugi?

Il s’agit d’un art traditionnel japonais qui consiste à réparer un objet cassé en soulignant ses cicatrices avec de l'or au lieu de les cacher (de "kin" qui signifie l'or et "tsugi", les jointures)

“L’esprit du kintsugi est de considérer que lorsqu’un objet précieux, par sa valeur ou par sa signification, se brise, il faut soigneusement le réparer, mais ne pas chercher à masquer cette réparation. Au contraire, la rendre belle et visible, puisqu’elle est désormais partie prenante de l’identité de l’objet.

Dans le kintsugi traditionnel, on répare principalement des bols en porcelaine ou céramique : on utilise pour cela une colle qui rejointe minutieusement les morceaux, et que l’on recouvre ensuite elle-même d’une laque à base d'or. On obtient alors des objets réparés tout aussi précieux que ceux qui ne se sont pas cassés, dont les fines cicatrices en or rehaussent la beauté et racontent un chapitre de leur histoire, et de celle de leur propriétaire.” [1]

Lorsque j’ai découvert cette forme d’art, j’ai immédiatement pensé à la parole de Paul:

“et il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi.”  2 Corinthiens 12:9   

La puissance de Christ représente, pour moi, cette laque à base d’or qui répare, sans masquer, mais qui sublime et rend visible tout en faisant partie intégrante de notre nouvelle identité.

Tout comme dans l'art du Kintsugi [2], le processus menant de la première à la dernière étape requiert patience et investissement de soi. Mais le résultat en vaut la peine...

1ère étape: “Brisé”

Lorsque nous traversons une épreuve douloureuse et traumatique, notre corps et notre âme semblent ne faire qu’un. En effet; si les maux de l’âme peuvent briser le corps, les maux du corps peuvent également briser l’âme.

Bien souvent, nous sommes au prise d’un tourbillon d’émotions qui submergent et déstabilisent nos fondements essentiels. L’épreuve, est le feu placé sous le creuset dans lequel se trouvent, nos valeurs, nos croyances, nos espoirs et nos doutes.

Alors que nous contemplons le spectacle désastreux de notre vie réduite en mille morceaux, Dieu se tient encore à nos côtés, dans l’attente que nous l’acceptions et que nous décidions d’entreprendre cette restauration avec Lui.

Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi.”  Apocalypse 3:20

Nous ne comprenons que difficilement le sens de l’épreuve. Pourquoi Dieu, qui est amour, permet-il que l’épreuve nous touche?

Cette question est souvent le fer de lance d’une personne qui n’a pas expérimenté Dieu dans sa propre vie. Elle a conscience que Dieu existe, mais pour réfuter cette existence et tout ce qui s’y rapporte, elle invoque l’invisibilité et l’inaction de Dieu.

Or, Dieu n’est ni invisible, ni inactif. C’est nos “yeux” qui se ferment devant sa révélation …

Mon oreille avait entendu parler de toi; Mais maintenant mon oeil t'a vu.” 

Job 42:5

2ème étape: “Assemblez”

La reconstruction est un processus lent et minutieux. Les étapes préparatoires à cette “réparation” ne sont pas a négligées car cela pourrait retarder, allonger ou compromettre le travail.

1° faire le choix de laisser Dieu au contrôle

2° faire un bilan de la situation et des dégâts subits

3° réunir les "outils" nécessaires: prière, soutien (famille, amis, thérapeute,…), témoignages, … Bien s’équiper et s’entourer est essentiel.

4° “se protéger” du poison du mensonge en se rappelant et en proclamant les vérités et les promesses de Dieu dans notre vie.

Car...

Ce qu’il promet, il peut aussi l’accomplir” Romains 4:21

3ème étape: “Patientez”

L’art du Kintsugi requiert, avant toute autre chose, une grande patience.

La préparation des instruments, le nettoyage soigneux des pièces à assembler, l’assemblage et le temps de séchage sont autant d’étapes qui mettent notre patience à l’épreuve.

Mais que nous apprend la patience au juste?

En tant que maman de 5 enfants, certains pourraient croire que je dois être un modèle de patience. PAS DU TOUT!!

La patience est une discipline que le Seigneur m’enseigne avec amour chaque jour de ma vie.

Et si il y a une chose que j’ai apprise ces dernières années, c’est que l’impatience produit, à coup sûr, l’inverse de ce que l’on veut obtenir!

Dieu est patience et nous invite à l’être également pour plusieurs raisons:

  • La patience nous apprend la maîtrise de nous même et de nos émotions. Non pas pour refouler ce que nous ressentons, mais pour prendre le temps de comprendre ce que nous vivons et pourquoi.
  • La patience nous permet de ralentir dans une vie qui ne fait qu’accélérer. Dans un monde où l’on ne prend plus le temps de savourer l’instant présent.  Où chaque instant est maquillé, dévoilé, exposé et volé par une technologie qui “capture” les moments, les souvenirs, l’émerveillement.

Prendre le temps de regarder à nouveau avec nos yeux, toucher avec nos deux mains et s’approprier l’instant présent que le créateur nous offre.

Ressentir le temps s’écouler sur nous, nous permet d’en mesurer la précieuse valeur.

Voici, tu as donné à mes jours la largeur de la main, Et ma vie est comme un rien devant toi. Oui, tout homme debout n'est qu'un souffle.” Psaume 39:5

  • La patience nous fait grandir et nous fortifie. Prendre du recul, sans rien attendre dans l’immédiat, et voir comment Dieu orchestre les évènements, les situations. La patience est preuve de confiance dans Son oeuvre et dans Sa sagesse. Être patient, c’est se synchroniser avec la montre de Dieu.

Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c'est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour.”  2 Pierre 3:8

  • La patience fait du bien à notre corps et à nos pensées. Libéré de la pression d’accélérer et de produire rapidement, nous sommes à l’écoute de nos réelles capacités et devenons bienveillants envers nous même et envers les autres.
  • La patience produit l’excellence. Pas seulement dans les actes que nous posons, mais aussi dans nos relations.

Faire preuve de patience c’est faire preuve d’amour…

Il ne suffit pas de mettre un pansement sur une plaie pour qu’elle guérisse et ne cause plus de douleur. Il faut laisser le temps nécessaire à la cicatrisation de faire son oeuvre.

4ème étape: “Réparez”

Cette étape peut être vraiment effrayante.

Une réparation suggère que l’on prenne tout ce qui reste après un traumatisme et que l’on essaye, bon gré mal gré, de refaire quelque chose avec ce qui reste. Et surtout, de faire quelque chose qui sera encore mieux qu’avant! Cela veut-il dire que ce qui a été "cassé" était mauvais?

On parle énormément dans nos sociétés d’aujourd’hui de “résilience”.

J’ai découvert ce mot et sa signification dans mon combat contre le cancer. Ce terme est utilisé pratiquement comme un super-pouvoir pour de nombreuses personnes. Certaines allant jusqu'à, mettre en avant cette nouvelle facette d'eux même dans leur C.V après une longue convalescence due à une maladie ou un grave accident.

Attention cependant, la notion de résilience peut avoir ce double-tranchant : être à la fois vecteur d'espoir mais aussi comporter un caractère « excluant » et « culpabilisant ». La résilience a parfois un effet néfaste chez des personnes en proie à un traumatisme et qui ne semble pas manifester de rétablissement ou de changement positif.

Parce que nous sommes tous différents et que nos parcours, nos expériences, notre vie est unique. “Réparer” prendra plus ou moins de temps. L’important est de prendre ce temps, de ne rien brusquer ou exiger de soi. Dieu est là pour nous accompagner dans cette étape de restauration, de fortification et de transformation, pas à pas.

Il guérit ceux qui ont le coeur brisé et panse leurs blessures.” 

Psaume 147:3

5ème étape: “Révélez”

Vient à présent le moment tant attendu; les cicatrices sont désormais recouvertes d’une belle laque rouge. Telle des veines qui traversent un corps guéri, renouvelé et fortifié.

L’objet, autrefois brisé, attend d’être illuminé par cette fine couche d’or. Celle-ci le rendra à la fois, comme neuf et en même temps soulignera son histoire et son parcours unique.

Il en est de même pour nous. Lorsque l’épreuve est passée, que les cicatrices se sont refermées avec l’aide de Dieu. Christ vient alors sublimer son oeuvre par Sa Présence. Elle illumine notre propre vie, mais se révèle également aux autres par notre témoignage.

Nos épreuves, nos souffrances, nos chagrins deviennent alors les cicatrices qui témoignent de l’oeuvre rédemptrice que Christ à fait dans notre vie.

Car celui-ci est passé, pour nous, par la souffrance. Il en est mort, mais surtout, il est ressuscité afin de nous apporter cette espérance:

 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne peut ni se corrompre, ni se souiller, ni se flétrir ; il vous est réservé dans les cieux, à vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps ! » 1 Pierre 1:3-5

Laissons à Dieu le soin de sublimer nos fêlures…

 

Enjoy!

Christel

 

 

[1] "Kintsugi" blog de Christophe André

[2] "Kintsugi: l'art de la résilience" C. Santini

 

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