Traverser le deuil, main dans la main avec Christ

Posted: janvier 30, 2021 by C.W

Du déni à la volonté souveraine de Dieu

J’ai souvent entendu dire que nous ne pouvions parler, de manière authentique et véritable, que des sujets pour lesquels nous avons un témoignage personnel.

Il y a peu, je n’aurais jamais pu échanger avec vous sur le sujet difficile et délicat du deuil.

Nous aimerions tous pouvoir échapper à cette terrible épreuve et ne pas avoir de témoignage à partager sur cette douloureuse expérience. Cependant, qui que nous soyons nous sommes tous destinés, quand le temps sera venu, à quitter cette enveloppe corporelle pour nous diriger vers une demeure éternelle.

La disparition physique d’un être cher, quel que soit son âge, est douloureuse. Mais que dire lorsqu’elle touche une personne jeune, en pleine santé, avec encore tellement de projets à réaliser devant elle?

Fortement imprégné de mes propres émotions, ce témoignage sera pour vous je l’espère, une ancre d’espoir à laquelle vous pourrez également vous accrocher.

Comment relater cet instant où tout bascule? La voix déformée par la peur au téléphone, le regard perdu de mon époux et ses paroles qui se veulent réconfortantes pour l’autre mais qui, en réalité, sont une réponse à notre propre peur.

Le choc provoqué par l’annonce d’un accident, d’une maladie grave ou d’un décès est un moment de confusion émotionnelle terrible. Soudain, autour de vous, c’est le “black out”. Vous n’entendez plus les paroles prononcées, vous ne réfléchissez plus. Le temps se suspend et le pilote automatique s’enclenche.

Votre être tout entier vacille…

Alors que nous essayons de digérer ou d’occulter la réalité, nous essayons également de surmonter la douleur émotionnelle qui vient avec. Nous refusons de croire à l’éventualité de la perte ou d’une fin malheureuse.

C’est à cet instant précis que, généralement, nous nous tournons vers Dieu.

Notre foi et notre confiance en l’intervention bienveillante et aimante de notre Père nous permet alors de surmonter cet état de choc et de déni de la réalité.

C’est la première intervention divine. Par Son Esprit, Dieu se rappelle à nous et nous signifie Sa Présence à nos côtés.

Il ne nous dit pas: “Je suis là à présent; rien de “mal” n’arrivera”

Il nous dit:

“Ne crains rien, car je suis avec toi; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu; Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante.” 

Dieu est avec nous dans ces instants où le monde semble s’écrouler, où nous perdons pied. Il vient à notre secours et nous assure de son soutien triomphant en Christ.

Perdre un être cher sans avoir eu l’occasion de lui témoigner son amour une dernière fois, laisse à jamais la trace indélébile du regret pour nombre d’entre nous.

Dans ces instants, nous ne prions plus pour celui qui nous a quitté, mais pour ceux qui restent. Afin que les regrets, la douleur de la séparation et l’avenir soient apaisés par la Présence de Dieu.

Mais qu’en est-il lorsque le miracle est encore à notre portée? Quand, certes, la personne que l’on aime est dans un état critique, parfois inconsciente, mais qu’elle est encore parmi nous?

Quand nous pouvons la voir, lui parler, la toucher et surtout; prier pour elle!

Sur le moment, nous ne l’avons pas saisi tout de suite. Mais aujourd’hui, avec le recul; nous remercions Dieu pour ce formidable cadeau!

Au travers de cette épreuve, j’ai compris pourquoi l’on utilise le mot “porter” dans la prière et surtout l’importance de l’unité du Corps de Christ.

En effet, pendant ces 4 jours et 4 nuits durant lesquelles nous avons prié d’un même coeur, nous n’avons pas livré un combat. C’est le Christ victorieux qui s’est imposé pour nous devant le mal.

Nous avons ressenti durant la première nuit, le tressaillement de l’Esprit en nous qui nous invitait à prier et louer le nom de Dieu. Sans relâche et remplis du zèle de l’Esprit, nous avons proclamé Sa Gloire et Sa victoire.

A l’aube, la tempête s’est apaisée en nous. Le calme et la paix ont envahi notre cœur. Nous avions la certitude que notre bien aimé était arrivé sur la berge, en toute sécurité. Dieu nous invitait au repos.

Les 3 jours suivants, nous nous attendions à Dieu et au miracle. Des centaines de gens se joignirent à nous sur la brèche, proclamant la victoire du Seigneur et la Gloire de Son nom au travers de cette épreuve. “Portant” devant le Père le corps meurtri de notre frère, mais également sa compagne et sa fille.

Nous nous réjouissions d’avance de la puissance de ce miracle sur la famille, sur nos connaissances et sur l’encouragement à la persévérance dans la prière pour l’Église. Quel témoignage ce serait alors, lorsque notre frère se réveillerait!

Les rêves que nous avons faits, les paroles que nous avons reçues durant ces 4 jours convergeaient toutes vers une victoire.

Mais, du monde spirituel, tout ceci n’était que le faible écho du tonnerre de sa puissance.

“Les défunts tremblent au-dessous de l’eau et des créatures qui l’habitent. Devant Dieu le séjour des morts se retrouve nu, le gouffre de perdition est sans protection. C’est lui qui déploie le nord sur le vide, qui suspend la terre sur le vide.[…]Les piliers du ciel sont ébranlés, ils sont effarés quand il menace. Par sa force il dompte la mer, par son intelligence il en brise l’orgueil. Son souffle donne au ciel la sérénité, sa main transperce le serpent fuyard. Si tout cela ne représente qu’un aperçu de sa manière de faire, le faible écho qui nous en parvient, qui pourra comprendre le tonnerre de sa puissance?”

Job 26:5-7;11-14

Il serait faux de dire que nous n’avons ressenti aucune colère durant les 2 derniers jours. Lorsque les médecins “jetèrent” l’éponge nous avons, tour à tour, eu envie de les secouer, de nous énerver et peut-être même de les rendre coupables de la douleur dans laquelle ils nous plongèrent. Le sentiment d’injustice et d’incrédulité peut alors nous faire douter.

Mais douter de quoi au juste?

De la force de la prière? De l’implication dans l’intercession? De ma propre capacité à offrir à Dieu une prière qu’il agrée?

Peut-être même de l’amour de Dieu pour moi? Pour ma famille?

Le serpent fuyard n’est jamais bien loin…

Dans ces moments de doutes et de détresse, les paroles reçues repassèrent dans mon coeur et vinrent alors comme un “baume”, prodigué de la main même de Dieu.

“Quand je dis: “Je vais tomber”, ton amour, Seigneur, me soutient.” 

“Je dis à Dieu, mon solide rocher: “Pourquoi m’as-tu oublié? Mes ennemis m’écrasent et je dois vivre dans la tristesse. Oui, pourquoi?” Pourquoi me décourager, pourquoi me plaindre de ma vie? Il vaut mieux compter sur Dieu! Oui, je vais encore le remercier, lui, mon sauveur et mon Dieu.” 

“En effet, Dieu blesse et il guérit, il frappe et il soigne la blessure. Tu peux connaître de nombreux malheurs, il te protégera toujours, et le mal ne te touchera jamais.

“Mais voici la pensée qui me vient à l’esprit, voici pourquoi j’espère : La bonté du Seigneur n’est pas épuisée, il n’a pas fini de montrer son amour. Chaque matin, sa bonté et son amour sont tout neufs. Oui, ta fidélité est immense ! Je me dis : « Le Seigneur est mon trésor. » C’est pourquoi je compte sur lui. Le Seigneur est bon pour celui qui met sa confiance en lui, pour celui qui le cherche. C’est une bonne chose d’attendre en silence le secours du Seigneur. C’est une bonne chose pour l’être humain de se soumettre à des règles dès sa jeunesse.

“Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais, même maintenant, Dieu te donnera tout ce que tu lui demanderas, j’en suis sûre. » Jésus lui dit : « Ton frère se relèvera de la mort. » Marthe lui répond : « Oui, je le sais, il se relèvera de la mort quand tous les morts se relèveront, le dernier jour. » Jésus lui dit : « Celui qui relève de la mort, c’est moi. La vie, c’est moi. Celui qui croit en moi aura la vie, même s’il meurt. Et tous ceux qui vivent et qui croient en moi ne mourront jamais. Est-ce que tu crois cela ? »

L’Esprit éclaire alors notre âme embrouillée par le mensonge.

Il nous rappelle, l’amour indéfectible de Dieu pour nous et les promesses qu’Il nous a faites et auxquelles il reste fidèle.

Il nous parle d’épreuves et de malheurs et nous comprenons que nous ne serons pas épargnés dans cette vie.

Cependant, la foi et l’espérance nous portent au-delà de cette douleur qui ne durera que le temps de cette vie “terrestre”.

Je comprend alors que notre frère n’a pas été délivré d’un tombeau de chair mais d’un tombeau spirituel. Qu’au travers des songes qui nous ont été donnés, il nous attend sur ce rivage calme et tranquille. Dans la “salle” qui accueillera un jour les noces de l’Agneau.

Je suis alors remplie de cette paix surnaturelle dont l’apôtre Paul parle si justement:

“Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus-Christ.”

Philippiens 4:7

Oui notre cœur de chair souffre de la perte de notre frère.

Cependant, notre espérance demeure solidement enracinée dans la foi et l’Amour de Dieu. 

Vivant chaque jour qu’il nous reste dans ce monde avec cette ferme assurance:

“Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu.”

1 Corinthiens 13:12

Christel

No Comments

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X